Un peu long au démarrage, mais ça y est: le moteur tousse. Personnels et usagers se mettent à faire entendre leur inquiétude quant à l’avenir de l’hôpital de Moissac. Il y a longtemps que nous le disions, seuls alors : les projets de l’ARS (l’Agence régionale de santé) et notamment ce fameux « projet hospitalier de territoire » n’annoncent rien de bon pour Moissac. Et devant l’Association des usagers, les explications de Jacques Cabrieres, le directeur du Centre hospitalier intercommunal n’ont rien de rassurant. Tout au plus cherche-t-il à gagner du temps, à calmer les esprits.
A propos de la chirurgie. Il admet qu’un projet de restructuration impliquant Montauban et Moissac existe. Et pour cause, on l’a lu. Il veut faire croire que tout peut encore bouger. On voudrait le suivre, mais ne dit-il pas dans la foulée que la chirurgie ambulatoire est une « tendance dans laquelle l’hôpital doit s’inscrire ». Autant dire : exit tout le reste, la chirurgie viscérale par exemple et bonjour la compétition entre Mautauban et Moissac pour récupérer les miettes du gâteau!
A propos des urgences, là aussi le dossier avance lentement. Quand Jean Paul Nunzi a laissé la place à Jean Michel Henryot, ce projet était financé. Il ne l’est plus. Il était de réalisation imminente. Plus d’un an après, le directeur parle « d’un avant projet détaillé en cours de réalisation ». Nuance de taille! Les Moissagais vont devoir prendre leur mal en patience.
Quant à la maison de retraite de Castelsarrasin, vétuste et dépassée en ce qui concerne la prise en charge des résidents, « on y réfléchit » parait-il. Avec une étude à venir sur les besoins, qui sera suivie d’un projet architectural… Mais les financements là aussi sont inconsistants. C’est dire que rien n’est encore fait.
Une bonne nouvelle cependant : le déficit de l’hôpital s’est semble-t-il réduit. Il était de 1,1 millions d’euros. Il est tombé à 470 000 euros… en partie grâce à la chirurgie! Qui pourrait perdre l’un de ses spécialistes si une solution n’est pas trouvée pour lui conserver son salaire, garanti par contrat jusqu’à la fin juin. Bref, le ciel est loin d’être dégagé. Il est temps d’exiger un grand débat public sur les offres de soins dans le bassin de vie qu’on appelle Terres de Confluences ».