Un plat de lentilles

L’augmentation de 23% des indemnités des Conseillers départementaux est fortement critiquée sur les marchés et à la terrasse des cafés. Il fallait s’y attendre. Et la Dépêche qui est maintenant dans l’opposition, relaie les communiqués indignés du PRG, du MRC et même du FN qui a sauté sur l’occasion pour jouer les pères la vertu.

Le PS, dans un communiqué mollasson, a dit qu’il n’approuvait pas cette augmentation. Dont acte. Cette retenue s’explique par le fait que ses quatre élus au Département ont voté pour. La volonté d’effacer au plus vite ce faux pas est manifeste, surtout à la veille d’un Congrès dont les militants un tantinet déboussolés attendent une clarification de la ligne politique de leur parti.

Il n’empêche. Nombre de Tarn et Garonnais s’interrogent sur ce qui vient de se passer au Château. En l’absence de majorité claire et solide, tout est possible. Surtout et y compris les majorités de circonstance qui vont rendre illisible la politique de l’exécutif du département. Le temps des grenouillages, des tractations en coulisse, des accommodements entre partenaires d’un jour continue de plus belle.

A ce jeu, ce sont les électeurs qui vont se retrouver cocus. Pour qui et pour quoi ont-ils voté? Bien malin celui qui pourra maintenant le dire.

En tout cas, la gauche, toute la gauche serait bien avisée de rester à distance. Faute de pacte de gouvernance avec les indépendants du Président Astruc, elle n’a rien à gagner. Elle ne construira pas dans les marchandages de couloir, la majorité que les urnes lui ont refusée. La gauche doit cette clarté à ses électeurs qu’il ne faut pas trahir pour un plat de lentilles.

Que fait la police?

Le Conseil municipal prévu de longue date pour le 25 avril a été repoussé au 5 mai. Un oukase du maire qui n’a pas pris la peine de s’expliquer ni même de prévenir son opposition (son opposition?) de ce report intempestif. Finalement, l’ordre du jour nous est parvenu ce mercredi, juste à temps pour respecter les délais légaux. L’UMP est taquine, elle aime jouer avec nos nerfs!

En fait, notre maire devait être trop occupé au Conseil départemental où il vient d’empocher une nouvelle vice-présidence. Bons princes, nous pouvons comprendre. Le cumul des mandats est un sport exigeant surtout quand on manque d’entraînement.

la facture s’allonge

Mais revenons à l’ordre du jour du prochain conseil qui prévoit des décisions modificatives au budget 2015 que la majorité, aidée des rescapés radicaux, a voté le mois dernier. Serait-ce que la manne céleste est tombée sur la commune? Un projet ambitieux aurait-il germé dans l’esprit de nos édiles? Que nenni! La noble assemblée devra juste revoir la facture du futur commissariat, square Firmin Bouisset, là où devait être installée une crèche. Un jardin pour la police, le trottoir pour les gamins…

Car au fur et à mesure que le projet avance, l’addition s’allonge: 76000 euros de plus. Au total, et à ce stade des travaux, une facture de plus de 400 000 euros! Sans parler des subventions à trouver pour  financer l’opération!

Mais l’idéologie sécuritaire n’a pas de prix. Et Moissac qui se meurt de langueur, devra s’en contenter. Car en 2015, ce sera le seul investissement de la commune. Pas de quoi créer des emplois, ni même relancer le commerce!

 

 

 

 

 

Le journalisme prend l’eau

Ils ont visité l’usine de l’eau. Le chantier plutôt car d’usine, il n’y en a guère pour l’instant. Qui? Le maire de Moissac et sa petite cour, complaisamment décrite dans un récent article par la Dépêche du Midi. Ce journal raconte ensuite par le menu ce que sera cette usine, où sera pompée l’eau, comment sera géré l’ensemble… bref, il fait en apparence son travail. En apparence seulement, car une fois de plus, il oublie de dire que cette usine fut voulue et décidée par l’ancien maire, Jean Paul Nunzi et le dossier porté par un de ses adjoints, Alain Jean…

Bon c’est vrai que nous avons l’habitude, y compris de disparaître sur les photos, comme jadis à Moscou quand l’un des dirigeants n’était plus en odeur de sainteté. Mais tout de même, en ce beau pays de France, en ces douces terres de Confluences, on a du mal à le croire et surtout à s’y faire.

On n’est jamais mieux servi que par soi-même

A peine élus, les nouveaux conseillers départementaux ont mis les doigts dans le pot de confiture. Ils n’ont rien eu de plus pressé que de voter une augmentation de leurs indemnités de 23%. Vous lisez bien 23%, quand les salariés du privé comme du public, se serrent la ceinture en attendant des jours meilleurs. C’est le père Ubu au Château. On n’avait jamais vu ça et l’ancien président du département, désormais dans l’opposition,  a beau jeu de dénoncer l’opération. On le comprend: ailleurs, dans nombre de collectivités, les élus renoncent à une partie de leurs indemnités, cherchent en cette période de vaches maigres à donner l’exemple. A Montauban, on se sert, on tape dans la caisse, UMP et Indépendants, unis… pour le pire…

Les donneurs de leçons, les procureurs de l’ancien régime, n’ont même pas honte. Ils dénonçaient les fastes du CG, ils s’offrent des rentes avant même d’avoir su montrer leurs mérites. C’est une injure faite aux citoyens, notamment à ceux qui souffrent de la situation économique.

Que penser en effet d’un président qui en cette période s’octroie 5500 euros par mois (le précédent s’offrait modestement 2500 euros), et de ces vice-présidents de commissions, cumulards à la petite semaine, qui délégations après délégations, se constituent un appréciable pécule? Que dire enfin de ces simples conseillers qui vont toucher 1900 euros mensuels?

Seuls les Radicaux se sont opposés. Les quatre élus socialistes, ont troqué leur vote contre trois petits emplois aidés. C’est faire bon marché du symbole. Et oublier les engagements de campagne!

Alors chante, Terres de Confluences?

Le Festival « Alors chante » qui avait fait de Montauban un des hauts lieux de la chanson française, va s’installer à Castelssarasin. La maire UMP de Montauban n’en voulait plus. Elle lui a coupé les subventions pour mettre sur rails, un nouveau festival : « Montauban en scènes » Après des mois de demi-silences, de fausses rumeurs et vrais démentis, l’association « Chants libres » confirme. Le festival fêtera son 30° anniversaire avec un concert unique, le 12 septembre à Castelssarasin. Et c’est désormais dans cette ville qu’il va élire domicile dès 2016.

Une bonne nouvelle pour la culture qui en ce moment subit de plein fouet les coupes sombres budgétaires opérées par les municipalités. Une mauvaise nouvelle pour le Festival de la Voix de Moissac. Est-il en effet raisonnable d’avoir sur le territoire de Terres de Confluences deux festivals? L’un ne condamne-t-il pas l’autre de facto? Pourquoi les élus de l’intercommunalité ne se sont-ils pas à ce jour saisis de la question? A quoi joue le maire de Castelssarasin qui jure de son engagement dans la communauté de communes et n’a de cesse de conforter, sur tous les plans, la prédominance de sa ville? Est-ce ainsi qu’on se montre bon camarade? Que fait le maire de Moissac qui semble totalement absent du débat?

Sur cette question, comme sur d’autres, il faudra bien que les élus en charge de nos communes, se mettent à table et cessent de se cacher derrière leur petit doigt. Pour les inciter, un bon débat, des états généraux de la culture sur le territoire Castel-Moissac s’imposent!