Pauvres maires de Tarn et Garonne

Les maires de Tarn et Garonne  ont récemment tenu conclave pour se plaindre, du mauvais sort que leur réserve l’Etat. Il est vrai que les dotations ont sérieusement baissé et que rien ne dit que ça ne va pas continuer. Ce qui interdit à nombre de communes, d’investir à tout va et les oblige souvent à faire des choix budgétaires dont elles craignent qu’ils soient bien peu payants électoralement parlant.

Tout ceci est vrai. Et vu de ce côté des territoires, on peut le regretter, et même faire chorus avec ces édiles. Mais, on peut aussi se dire que la crise, c’est aussi l’occasion de remettre en question les habitudes, voire même les organisations.

Pour 254000 habitants, le département compte 195 communes soit en moyenne 1303 habitants par commune et seulement 15 intercommunalités dont la plus petite, le Quercy Vert revendique à peine 5100 citoyens. Est-ce bien raisonnable? Ne pourrait-on pas en finir avec cet émiettement? Chaque commune, c’est un Conseil municipal, des locaux, du personnel… des frais donc, beaucoup de frais… A quoi sert-il d’avoir tous les 5 kilomètres une salle polyvalente, une maison des chasseurs, des terrains de sports occupés 10% de l’année?

Il faut en finir avec ces 195 communes. Elles doivent se regrouper, en finir avec cette organisation d’un autre âge. Elles doivent aussi se fédérer au sein d’importantes intercommunalités, aux compétences étendues. L’occasion de mutualiser les moyens, de supprimer les doublons en terme d’emplois, d’investir plus efficacement et plus rationnellement! De rééquilibrer aussi les capacités des différents territoires. Est-il normal qu’au sein du Syndicat des deux Rives, la manne Golfech permette à certaines communes de se passer d’une partie des taxes locales?

Ceux qui pleurent, résistent aussi de toutes leurs forces au changement, chacun accroché comme un noyé à son esquif, à sa parcelle de pouvoir. Dans la loi « NOTRE » sur la nouvelle organisation territoriale, l’Etat s’est montré une fois de plus trop frileux. Il fallait aller plus loin, inciter plus et mieux les collectivités locales à se regrouper, tailler aussi dans le maquis des compétences. C’est le moment, c’est nécessaire!

 

Régionales: la bourse des valeurs

Le Pinel vaut-il plus que l’Alary? Les experts socialistes, au premier chef, Christophe Borgel, député de Haute Garonne et responsable des Fédérations, se prennent la tête sur cette épineuse question.

Le chantage de Jean Michel Baylet ravage une fois encore les rangs socialistes. Dépité, avide de vengeance après ses défaites électorales, le patron du PRG exige pour sa protégée le poste de 1° vice présidente. A défaut de quoi, il menace de rejoindre Philippe Saurel, le maire de Montpellier, en délicatesse depuis l’affaire Frêche avec la rue de Solférino, et bien sûr avec la Fédération de l’Hérault.

Cette revendication « radicale » est totalement incompatible avec la représentation des territoires. A Midi Pyrénées la présidente, au Languedoc Roussillon le 1° vice président. Un difficile équilibre avait été trouvé. Damien Alary qui préside encore cette région, tient mordicus à cette répartition des rôles. On le comprend. La surdouée n’est pas disposée à se laisser conter violette! L’oukase PRG est aussi indéfendable.  Deux ministres femmes en tête de liste, ce serait faire peu de cas de la parité et interdire pour quelques années encore, le nécessaire renouvellement des responsables. Enfin, sauf à se renier, Philippe Saurel ne pourra faire un accord en bonne et due forme avec les Radicaux,  il crie trop haut et trop fort son aversion pour les accords de partis!

Comme on disait naguère, pendant l’été le combat continue. Feutré, à peine relayé par quelques journalistes pugnaces! Les militants n’en sauront rien ou pas grand chose, eux qui ont voté très majoritairement pour l’équipe Delga-Alary. Une consultation dont on mesure jour après jour le peu de valeur qu’elle a aux yeux des appareils politiques. Une fois de plus, le PS est en passe de se coucher devant ce « partenaire » qui n’a ni consistance idéologique, ni poids électoral, et qui a voté, au Sénat en particulier, contre nombre de textes d’inspiration socialiste. Majoritaire, le PS apparait comme le vassal non pas d’un parti, mais d’un groupe de presse, La Dépêche,  qui vient de réaliser l’accord parfait en contrôlant désormais la grande majorité des médias du Languedoc Roussillon. N’est-il pas surprenant que l’empire Baylet s’étende désormais sur le territoire de la nouvelle grande région? N’est-ce pas au passage une grave atteinte au pluralisme que nombre de beaux esprits, j’en fus, dénoncèrent,  quand Hersant, le « Papivore » ambitionnait de racheter titres après titres.

Passer tout par dessus bord, militants, élus, convictions… Perdre son âme dans un marché qui donne de la politique la pire des images, celle de la course aux échalotes… pourquoi le PS n’a-t-il pas mis autant d’ardeur et de constance à rassembler les autres partenaires de gauche et qui ont sur le terrain de l’engagement politique, du projet sociétal,  d’aussi grands mérites, pour le moins, que le PRG?

Poser la question, c’est peut-être y répondre. Sur la plage, à la montagne, ou au fond d’un verdoyant bocage, gardez l’oeil ouvert et les neurones en alerte. Le PS, la gauche peuvent encore avoir besoin de vous.

 

 

Conseil municipal: moyens et moyen

L’antienne est désormais connue: on n’a pas les moyens. Moralité, l’équipe Henryot taille dans les subventions aux associations. Mais pas dans toutes. Certaines sont bien servies, quand d’autres sont mises au pain et l’eau. Dernière en date à goûter de ce régime, l’association Organum. Quatre mille euros de moins pour ces spécialistes de musique ancienne, dont la renommée dépasse de très loin les frontières de l’hexagone.

Pas assez  populaire, Organum est un caillou dans la chaussure de la majorité, qui va d’ailleurs la déloger du cloître et lui cherche un nouveau point de chute. Cette histoire illustre parfaitement la politique de la droite municipale, qui tout en reconnaissant les mérites de l’équipe Perez, se montre incapable d’assumer, de faire des choix, des vrais. Conséquence: la majorité se satisfait de demi mesures, gomme les aspérités, s’inquiète de la moindre audace. Elle fait dans le moyen! Devoir moyen, c’est à dire rien ou pas grand chose!

Pierre Fontanié est devenu huitième adjoint en remplacement de Daniel Calvi. Création d’ emplois saisonniers, occasionnels, mise sur pied d’un service d’urbanisme commun avec Terres de Confluences, achat d’ordinateurs pour les écoles, programmation de quelques travaux sur le patrimoine, abbatiale et église Sainte Catherine, en gros l’ordinaire d’un Conseil d’avant la trêve estivale. A noter cependant la reprise d’un projet envisagé en son temps par Jean Paul Nunzi: l’aménagement de la rue de l’Inondation, évalué aujourd’hui à 1 million d’euros. Intéressant, sauf que la présentation qui en fut faite, empêcha les élus d’en mesurer la pertinence, d’en évaluer la qualité. Bonne fille, la démocratie s’en satisfit. Voté à l’unanimité!

Restait la question de l’hôpital. L’ARS pousse les feux. Elle a obtenu un feu vert de toutes les instances légales, à Montauban comme à Moissac. L’étude de Mapping Consulting va entrer dans sa phase de réalisation. Médecins et personnels soignants n’ont plus qu’à croiser les doigts, le maire Jean Michel Henryot a dit qu’il serait vigilant. C’était le moins qu’il pouvait concéder, alors que le département de Tarn et Garonne anticipe la mise en place de la loi Santé et territoires. Décidément, tout cela est très moyen!

Nota bene : Pas de conseil municipal en juillet et en août. Vive les grandes vacances!

REGIONALES: Un atelier citoyen à Moissac

Vendredi 26 juin, à 20h, au Moulin de Moissac, le Parti  socialiste vous invite à un atelier citoyen sur le thème : l’économie dans le 82.

Cette rencontre est la troisième organisée dans le département après Montricoux et Montauban. Elle vise à associer  les citoyens, et en particulier ceux du bassin de vie de l’ouest du Tarn et Garonne, à l’élaboration  du contrat de gestion que Carole Delga et Damien Alary entendent porter  au cours de la campagne électorale qui s’annonce.

Nous sommes à l’heure des grandes manoeuvres, à droite, comme à gauche. A droite, le candidat désigné, mais à l’autorité contestée, peine à construire des listes, à adouber des chefs de file dans chacun des 13 départements. A gauche, c’est pour l’instant le trop plein. Ce qui n’empêche pas Carole Delga de tracer son chemin, un chemin qui prône l’union, si possible dès le premier tour.

Il faut en effet poursuivre et amplifier le travail accompli par les présidents de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. La droite et l’extrême droite rêvent de faire tomber la région. Ne leur en donnons pas l’occasion, en rassemblant les forces de gauche, en élaborant, avec vous, un programme pour tous les territoires.

 

Hôpital: une première victoire

Près de deux cents personnes, des élus de gauche, quelques uns de droite, des syndicalistes de MIMG_2475oissac, de Castelsarrasin mais aussi de Montauban réunis pour manifester ce mercredi après midi leur attachement à l’hôpital de Moissac. Au même moment, dans les étages, se tenait le Conseil de surveillance sous la présidence du maire de Moissac, Jean Michel Henryot. A l’ordre du jour, le contrat de travail de Nicolas Nesry, chirurgien orthopédiste que le directeur de l’hôpital ne veut pas prolonger au delà du mois de décembre 2015. L’intéressé a refusé ce CDD qui ne dit pas son nom. Son départ sonnerait le glas de la chirurgie à Moissac et donnerait le feu vert à l’application du plan de « Mapping Consulting » (voir plus bas) qui veut réduire Moissac au mieux à une annexe de Montauban, au pire à un hospice pour personnes âgées.

Dans la salle surchauffée où se tenait la réunion, la direction de l’hôpital a dans un premier temps cherché à rendre le docteur Nesry responsable de cette situation de blocage. Le maire de Moissac et Jean Michel Bésiers, maire de Castelsarrasin ont joué les conciliateurs et finalement obtenu, après une forte intervention de ce dernier et grâce à la pression des salariés, la prolongation du contrat de N. Nesry pour un an, en principe renouvelable une autre année, avec maintien du salaire actuel.

Tout cela nous mène à 2017.  Date à laquelle sera renouvelée, ou pas, l’autorisation d’utilisation du plateau technique de l’hôpital qui tous les 5 ans fait l’objet d’une habilitation. Autant dire que s’ouvrira alors la période de tous les dangers. Car entre temps, si personne ne vient le contrarier, l’ARS aura commencé la mise en oeuvre de son projet: une seule administration, un seul directeur pour les deux hôpitaux. On sait ce que cela cache. On sait aussi les ambitions que cela recouvre. Le directeur de Moissac, fort des boIMG_2474ns résultats de ces dernières années – le déficit de l’hôpital a été réduit de moitié – se verrait bien à la tête de la nouvelle structure. Et quand on connait ses rapports exécrables avec son chirurgien vedette, on doit s’inquiéter pour la suite.

Aujourd’hui, les Moissagais peuvent se féliciter d’avoir marqué un point dans le bras de fer qui les oppose à l’ARS. Mais le combat est loin d’être terminé. Il faudra beaucoup de vigilance et d’autres mobilisations pour maintenir sur le bassin Castelssarasin-Moissac un hôpital susceptible de toujours répondre  aux besoins de la population.